Il aura fallu que je zappe sur les chaînes de la TNT pour enfin redécouvrir sous un autre angle le dessin animé du déjanté Nicky Larson, notre ex à toutes, il faut bien le rappeler. Justicier des temps modernes, prêt à tout pour aider la veuve et l’orphelin… surtout la veuve. Un type sulfureux. Force est d’ailleurs de constater que les personnages (féminins, cela va de soi) y passent beaucoup de temps sous la douche vaporeuse de leur chambre d’hôtel. A la piscine, les mêmes se baladent topless, pour mieux exhiber leurs énormes paires de seins devant Nicky, qui, la bave aux lèvres, se remémore encore leur silhouette en mini-jupe aperçue dans la rue… Heureusement que Laura, sa colocataire jalouse, veille au grain et apparaît toujours au bon moment pour le faire débander à grands coups de marteau de 100 tonnes ! En vain.

Et dire que notre version française était censurée… Normal car, à 10 ans, difficile de se dire qu’on n’en voyait pas déjà assez. L’ambiance de ces épisodes paraissait même toujours très romantique. Les scènes d’action, comme celles d’amour, avaient toujours pour fond une tour Eiffel japonaise illuminée, cliché du lover par excellence. Petite, c’est donc fort logiquement que j’étais amoureuse de lui. Et même si j’ai grandi depuis, le voir reste toujours un vrai kif. De quoi imaginer, encore aujourd’hui, un scénario d’épisode sur mesure rien que pour moi :

21h30 : Fifi Roze passe chercher Nicky Larson à Clichy (dans la banlieue de Tokyo). Elle est en retard à cause des bouchons sur le fichu boulevard qui mène à la place du même nom. Rien d’anormal là-dedans, un soir de week-end, avec les couloirs de bus bondés, sans parler des voitures garées en double file… Mais, c’est bien connu, Fifi aime le danger. Surtout quand elle est en retard.

A peine est-elle arrivée que le voilà qui débarque pour la rejoindre, sûr de lui. On ne peut pas en dire autant d’elle, forcément très impressionnée. Qui ne le serait pas ? Elle l’invite à s’installer sur le siège passager de sa voiture (NB : la femme peut conduire, elle a même le droit de vote, bande de misogynes !) Et les voilà partis pour un petit resto sympa, non loin de l’Arc-de-triomphe, à proximité de Wagram (toujours à Tokyo, cela va de soi). Ses yeux ont pris une forme arrondie, identique à deux petits cœurs en train de battre. Un coup d’œil à gauche, puis à droite, pour s’assurer que Laura n’est pas dans le coin, et le tête-à-tête peut commencer.

Tout se déroule à merveille. Ce petit monde décide même de prendre ses aises. L’addition payée, ils décollent pour une pour une virée dans les rues de Tokyo. Toutes les rues de Tokyo… Et puis non, je ne vous raconterai pas la suite. Cette soirée, Fifi Roze l’a tellement attendue (depuis ses 11 ans) qu’elle préfère offrir à votre imagination tordue le mystère et le suspense qui vont bien.

Donc, fin du kif, revenons à nos moutons :

Le refrain du générique a lui seul en dit suffisamment long sur l’atmosphère du manga, que je ne peux même pas m’empêcher de fredonner devant vous :

Lorsque les coups de feu résonnent
Comme un éclair il tourbillonne
Surtout si la fille est mignonne
Nicky Larson ne craint personne

Vous aurez tous bien noté le  » SURTOUT si la fille est mignonne « . D’autant qu’il n’était entouré que d’avions de chasse (sauf Laura, qui était un peu moche, il faut bien l’avouer)… Du coup, dès cette époque, les enfants de dix ans savaient que si la fille n’était pas mignonne, il valait mieux la laisser crever la bouche ouverte. Et nous, pauvres fillettes, on remarquait à peine cette discrimination aux moches, que nous étions toutes ! Regardez les photos d’époque si vous ne me croyez pas.

De toute façon, il faut bien dire que nous n’en avions que pour les beaux yeux de ce cher Nicky. Le spécialiste pour faire chavirer nos petits cœurs tout mous ! J’avoue que je me serais bien taillée les veines pour un Sundae avec lui à cette époque. Tomber amoureuse d’un personnage de fiction serait une pure folie une fois adulte, mais la magie de l’enfance nous y autorisait, et nous autorisait d’ailleurs à tout, ou presque… En ce qui me concerne, j’ai d’ailleurs assouvi ce fantasme de passer une soirée avec Nicky himself. Tout le monde ne peut en dire autant ! Au moment où j’écris ces lignes, mes pensées vont donc vers toutes les amoureuses de Goldorak, désireuse de se taper un tas de ferraille…

Cependant, il y a quand même une morale à retenir de toute cette histoire : Nicky aime secrètement Laura, et réciproquement. La moche a donc autant de chance que n’importe qui d’avoir des enfants… Mais je ne peux m’empêcher de me dire, dans le même temps, qu’il en aura fallu des bombasses, pour en arriver là. Tandis que, de notre côté, le club Dorothée nous aura sournoisement appris tous ces vices.

Il est aussi triste de constater que ces heures passées devant des mangas pour le moins douteux ne s’offriront pas aux actuels très jeunes téléspectateurs de TF1. Les seules filles à même de leur donner envie de se frotter le kiki contre leur doudou s’appellent les Totally Spies… Tu parles d’un tue-l’amour ! Et je ne vous parle même pas de Dora la prude, sapée comme une Afghane fraîchement débarquée des favelas de Rio. Clandestine va ! Je ne vous cache pas que je la hais, elle et sa tronche carrée. Elle a du être sortie au forceps, sinon je ne vois pas ! La seule chose dont je sois sûre en fait, c’est que pour rien au monde je ne souhaiterais avoir 11 ans en 2011…

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