Clap de fin pour la série « Mafiosa, le clan », en effet, l’ultime saison inédite programmée depuis le 14 avril via Canal+ touche à sa fin. Au menu pour la charismatique Sandra Paoli, une sortie de prison sous contrôle judiciaire, le commandant Quilichini – un brin impulsif –  prêt à tout pour la remettre au trou, sa nièce Carmen désirant venger son propre père (tué par Sandra), sans oublier ses acolytes Tony et Manu qui seraient devenus soi-disant une menace pour cette pilier de la mafia Corse. Rencontre avec les principaux intéressés.

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Un petit résumé de l’aventure « Mafiosa » ?
Denis Braccini : Mafiosa pour moi, c’est une aventure qui se sera étalée sur quatre ans. Sur la saison 5, les personnages de Damiani et Quilichini prennent beaucoup d’importance. Ils déclenchent une suite d’évènements – dont je ne dirai rien, même sous la contrainte – on les voit vivre en dehors du travail. Ils deviennent vraiment les pendants de Tony et Manu. Au cours de ces quatre années, j’aurai rencontré des gens intéressants, des auteurs, des acteurs, des truands, des natios, des policiers, des réalisateurs, l’équipe de Canal et celle d’Image et Compagnie. Je me serai fait de vrais amis… Sur le plan professionnel, j’ai passé un cap. Je sens que le regard des gens du métier a changé sur moi. Je suis pris au sérieux. Mafiosa est une série vraiment adorée de son public, et elle est très respectée dans le métier, donc c’est un atout d’en être. Je croise souvent des gens dans la rue qui me demandent un autographe, ou une photo. C’est gratifiant. Pas pour la gloriole, mais ça veut dire que le public apprécie mon travail, qu’il se souvient de ma gueule, et que donc, à terme, ça va – j’espère – m’ouvrir des portes. Pour finir, je suis bien sûr un peu triste que ça s’arrête, mais c’était une décision de la prod et de Canal Plus de finir en beauté, et finalement, c’est très bien comme ça. Je suis triste parce que je m’étais attaché à mon personnage, à ma bande de flics, et à tous les gens, artistes et techniciens, qui ont travaillé dessus. On se recroisera, évidemment, parce que c’est un petit monde que le notre, mais plus tous en même temps… C’est la vie…

« A notre première rencontre, nous avions longuement échangé politique et parlé de ton désir de ne pas voir Nicolas Sarkozy réélu… »
Denis Braccini : Concernant la politique… Je n’ai pas trop envie de m’étendre là-dessus; ce n’est pas mon rôle, et ça demanderait plus que quelques lignes. Cela dit, j’ai été très heureux que Sarkozy ne soit pas réélu. Quant à Hollande… Je me souviens de son discours : « Mon ennemi, c’est la Finance ! » On est bien loin de tout ça aujourd’hui. Il a bien vite courbé l’échine…. J’avoue que je suis un peu désespéré de tous ces gens-là…

« Tes rapports avec le lieutenant Damiani ont souvent été houleux, qu’en est-il de cette saison ? »

Denis Braccini : Avec Damiani, on a un côté vieux couple. Je suis son supérieur hiérarchique, mais on n’est pas dans ces rapports-là. On est très amis en dehors du travail. C’est difficile de parler de l’évolution de nos rapports sans dévoiler les secrets de la saison 5… Disons qu’on a tous les deux un fort caractère, et qu’on n’est pas toujours d’accord sur le respect de la procédure et sur les moyens à employer. Il est un peu plus regardant que moi sur les limites à ne pas dépasser…

« On lit parfois que la Corse a été dénaturée avec cette série, qu’en penses-tu ? »

Denis Braccini : Je ne pense pas que la série donne une mauvaise image de la Corse. Elle parle de la pègre corse… Mais elle ne dit pas « tous les Corses sont des bandits. Ils s’entretuent pour un oui pour un non ». Elle parle de quelques Corses qui sont des bandits et qui s’entretuent… On fait des films sur la pègre parce que ce sont des histoires où les passions sont exacerbées, où il est question de vie ou de mort… ça nous permet d’explorer notre part d’ombre, d’enfreindre la loi depuis son canapé… Il se trouve que là, ça se passe en Corse… Toutes proportions gardées, si Mafiosa donne une mauvaise image de la Corse, alors Shakespeare donne une mauvaise image de l’Angleterre, Les Sopranos ou Breaking Bad donnent une mauvaise image des USA… C’est juste une série…

« Tes futurs projets ? »

Denis Braccini : J’écris. Un projet personnel que je voudrais réaliser, et un projet en commun avec un ami réalisateur, Stéphane Bouquet. Dans l’idéal, il réalisera le film et j’aurai le premier rôle masculin aux côtés d’une actrice anglo-saxonne… Bon, cela dit, on n’a pas encore fini l’écriture, on a le temps d’en reparler… Je travaille aussi sur l’adaptation d’un roman en bande dessinée. C’est un projet que j’ai en chantier depuis quelques années… Et puis j’ai des tournages prévus, mais pour l’instant c’est encore un peu secret. Je ne suis pas superstitieux, parce que ça porte malheur, mais on ne sait jamais… On en reparlera, promis…

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« Toi qui est Corse, une femme parrain, ça existe ? »

Jean-Philippe Ricci : Oui ma grand mère a fait ses armes dans la Cosa Nostra. C’était la pionnière de la french connection et c’est elle qui a introduit la cocaïne dans les premières familles à Marseille. C’est bon je sors … Disons que d’après ce que je sais ça n’a pas existé. Mais la femme a toujours joué un rôle primordial. Toto Riina disait  » les mafieux mènent la grande vie, mangent, boivent, trompent leurs femmes avec des maîtresses ou des putains alors que la femme est le pilier de la famille, donc celui du business. Si ta famille est stable, forte, ton ascension est catégorique ». Enfin c’était quelque chose comme ça. La femme a toujours été le premier conseil d’un parrain. Celle qui a le recul sur l’impulsivité et la colère. Mais il y a eu aussi des grosses teignes. Donc je dirai why not ?

« Que réserve cette saison à ton personnage ? »

Jean-Philippe Ricci : Disons qu’elle lui réserve beaucoup de choses mais pas qu’à lui, nous sommes cette fois-ci dans quelque chose de plus sombre, de plus psychologique, beaucoup de questionnements, de doutes, de rivalités entourent cette dernière saison. Les âmes se retrouvent à vifs. C’est l’apothéose. Le grand incendie.

« Comment s’est déroulé le tournage à Bastia ? »

Jean-Philippe Ricci : Et bien forcément, très bien. Nous étions à la maison. La série est très appréciée, très attendue. Le tournage a été particulier, le scénario était déjà émotionnellement énorme mais surtout il y avait un pincement au cœur mêlé à de l’excitation, un sentiment d’un travail qui touche à sa fin avec la nostalgie qui s’en mêle. C’est une grosse histoire d’amour « Mafiosa ». De plus Frédéric Graziani* nous a terriblement manqué, on le sentait avec nous même si Philippe Corti qui est un gars en or a repris le rôle de Manu comme un chef. Il fallait le faire quand même. Mais je pense que notre Fred est fier de nous d’où il est, fier de l’aventure qu’on a terminé avec lui quand bien même.

 « Une saison 6, aurait-elle été de trop ? »

Jean-Philippe Ricci : Oui je pense que la série est arrivée à son top. Que la boucle est bouclée. Pour citer Pierre Leccia  » il ne faut pas faire le combat de trop ». Le public adore la série et tous ses personnages. Il ne faut pas que ça s’essouffle et surtout il ne fallait pas faire gober aux fans des histoires abracadabrantes. C’est une forme de respect aussi pour ce travail de 5 saisons. Les meilleures choses ont une fin et quand la fin est belle et bien on reste immortel. La série, Sandra, Carmen , Manu, Tony, Saudade… Tous les personnages continueront à vivre d’une autre manière.

« Des projets à venir ? »

Jean-Philippe Ricci : Je viens de terminer un 2 fois 90 minutes avec Vincent Perez et Cyril Lecomte, réalisé par Thierry Binisti via France 3 pour novembre et j’enchaîne sur le tournage du nouveau film d’Olivier Baroux le 19 mai. Une comédie pour le cinéma. Et un projet théâtrale peut-être pour le début d’année prochaine mais tant que ce n’est pas sûr… chuuuuuttt. Superstition.

*Figure emblématique de la série, le Corse Frédéric Graziani est mort le 14 mars 2013, il a été remplacé pour cette fin de saison.

 

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