Aujourd’hui se tiendra au tribunal de Paris le procès du rappeur Youssoupha, Eric Zemmour dans le banc des plaignants (pour une fois). Petit rappel des faits. 2009. Suite au texte du titre « À force de le dire », Eric Zemmour entame une procédure contre le rappeur, deux chefs d‘inculpation seront retenus : « menaces de crime et injure publique ». « À force de juger nos gueules les gens le savent. Qu’à la télé souvent les chroniqueurs diabolisent les banlieusards. Chaque fois que ça pète on dit qu’c’est nous. Je mets un billet sur la tête de celui qui fera taire ce con d’Eric Zemmour. » Le tribunal doit juger ces deux mots « faire taire ». Est-ce que cela équivaut à un appel au meurtre ? Pour Zemmour, cela ne fait aucun doute. Il ne pense peut être pas qu’on puisse faire taire quelqu’un dans un débat d’idée, ce qui est largement son cas vu le nombre d’âneries qu’il débite à la seconde. Pour ce qui est de l’injure publique, nous serons tous d’accord pour que dire que « con » en est une. Pas la pire des insultes…mais une insulte quand même…mais de là à ramener l’affaire devant le juge…

Youssoupha, pour ta défense pourquoi ne pas te justifier en disant que tu as pris exemple sur notre cher président qui en avait sorti une dans le même genre. Insulter de « con » est une action banale ! C’est comme dire bonjour ! La cultissime phrase « cass’ toi pov con » restera gravée à jamais. D’ailleurs en parlant de politique un député UPM avait lancé « Si nous étions au 19e siècle, je vous provoquerai en duel et je vous flinguerai monsieur Mélanchon, et ce serait mérité ». C’est qu’ils ont le sang chaud nos politiciens !

À quelques heures du procès, entretien avec le rappeur qui nous livre ses impressions.

Fifi Roze : « J’mets un billet sur la tête de celui qui fera taire ce con d’Eric Zemmour ». « Est-ce une réponse à tout ce que le polémiste a pu dire auparavant (le rap est une sous culture d’analphabète) …? »

Youssoupha : « C’est plutôt une réaction par rapport aux propos déplacés du bonhomme sur le hip-hop, les gens de couleurs, les femmes, les homos… »

F.R : « Zemmour, parano au point de croire que tu peux le faire tuer ou simple buzz ? »

Y : « Fantasme du rappeur-gangster-criminel surtout. »

F.R : « Le rappeur qui veut faire tuer Eric Zemmour » titrait la presse, les médias ne sont-ils pas responsables de la tournure qu’a pu prendre cette affaire ? »

Y : « Ils ont contribué au buzz c’est vrai avec leurs unes. Ça s’est compliqué quand ils ont vu que le problème est plus profond que ça. »

F.R : « Si on accepte les polémiques verbales d’Eric Zemmour au nom de la liberté d’expression, on est d’accord qu’il faut alors accepter au nom de la liberté d’expression ton texte ? Ta liberté légèrement bafouée ? »

Y : « J’attends le verdict de l’affaire pour répondre à cette question. »

F.R : « Des projets. Mais lesquels ? »

Y : « En finir avec ce procès pesant, boucler mon album qui sort en janvier, partir en tournée. (Olympia le 7 mai 2012) »

On lui souhaite bonne chance !

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2 Responses to 5 questions à Youssoupha (Procès Zemmour)

  1. JR dit :

    Même la voix de la raison n’arrive pas à se faire entendre de Zemmour.
    Ce type, c’est juste l’incarnation d’un troll internet en vrai dans la vie.
    Z fait partie de ces gens dont la facilité de parler ne vient que de l’impuissance de se taire.

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