Un diable en Prada, ou un ange sapé en caillera ? Inspecteur Gadget n’a qu’à bien se tenir, j’ai pris avec moi le kit de la parfaite fouine pour élucider tout ça, l’affaire « RS ». C’est comme ça que j’ai appelé ce dossier classé confidentiel. (Très CIA, nan?). Rachid Santaki,  cet auteur contemporain à l’ univers bien sombre est tout aussi productif de jour comme de nuit. Alors dormir, très peu pour lui ! Puis, ça serait comme être plongé dans un coma artificiel, il n’a pas le temps pour ça. Le personnage impressionne car déterminé à scier les barreaux de sa cage à grand coup de canine.

Né d’un père marocain et d’une mère française, il suit le parcours scolaire typique du parfait Dionysien qui se respecte ! Pas de cursus général, que des diplômes commençant par la lettre B. Le Bac Pro Compta mis à l’arrière poche de son baggy ne va pas lui servir à grand-chose et pour cause, le petit aime les lettres; pas les chiffres ! La culture de la street est celle qu’il connait le mieux, c’est donc tout naturellement qu’il se lance à gratter les feuilles à coup de 4 couleurs et fonde en 2003, 5 styles, un mensuel sur la culture urbaine distribué à plus de 50 000 exemplaires par mois, la revue devient rapidement une référence et pourtant Rachid veut passer à autre chose…La soif viscérale d’en vouloir plus ! Alors en  2010, le mag’ se fait enterrer au Père Lachaise entre la tombe d’ Honoré de Balzac et Oscar Wilde. RIP.

Lire et écrire. Il édite en 2008 son premier «bébé», 250 pages, en couverture un portrait de famille qui lui est très personnel. « La Petite Cité Dans La Prairie ». Non cher lecteur, ce n’est pas untel qui dévale une pente à 120km à la Ingalls pour finir à quatre pattes dans le caniveau ! Juste l’histoire touchante avec laquelle chacun peut se reconnaitre à travers tel ou tel passage. Ce récit nous plonge la tête la première dans notre propre enfance avec un nombre impressionnant de références musicales ou télévisées de l’époque. Aussi poignant et direct qu’un coup de crochet en boxe thaï, sport qu’il pratique lui-même depuis des années.

L’amour pour les mots, ça lui a donné des ailes au Rachid, un peu comme le « Marseillais », héro de son dernier opus « Les Anges S’Habillent En Cailleras » (éditions Moisson Rouge sortie le 20 janvier). Une histoire qui se déroule en plein 9.3, à St Denis, là ou les mêmes ruelles ont vu grandir baby Santaki. L’odeur du bitume se sent entre chaque ligne, voir même entre chaque lettre… ça pue l’authenticité son truc !

« Lu cul-sec, je me suis retrouvée plongée à ne plus pourvoir en décoller les yeux, c’était comme si j‘y étais. Alors les mots se succèdent, puis les scènes et j’imagine les décors. Trop pressée, je tente de vite en finir mais paradoxalement quand les pages défilent pour arriver à la 256eme, je deviens nostalgique…Volontairement, je me mets à lire au ralenti comme pour éloigner une fin indéniable. Mais en vain… »

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